Quand le jour est tombé, que les lumières sont allumées et que l'on voit la fumée sortir de la cheminée, l'on se dit que l'on est bien au chaud dans sa maison (ou son appartement) et que l'on est bien au milieu de sa petite famille.

Dehors, on sent poindre la fraîcheur de la nuit, qui annonce que demain il faudra sortir tôt pour gratter le par brise, qu'il faudra faire attention de ne pas glisser en sortant d'un pas précipité, qu'il faudra bien couvrir les enfants pour qu'ils n'attrapent pas froid.

On sent que l'hiver est là.

Quand il est 19h30, les familles se réunissent autour de la table, autour d'une soupe bien chaude, fumante à souhait.

C'est là que moi je m'en vais.

J'enfile mes bottines, ma casquette que j'ajuste en biais sur ma tête, mon écharpe super longue et mon manteau. J'attrape mon sac, mon sac à tricot ou un bouquin (sait-on jamais) et mes clefs.

J'embrasse mes enfants leur souhaitant une bonne nuit, j'embrasse mon cher et tendre qui comme d'habitude n'est pas ravi-ravi: et oui je travaille cette nuit.

Je prends ma voiture pour 45 minutes, 1 heure de route au bon vouloir des conducteurs devant moi (hier un sympatique monsieur faisait du 75km/h sur une route à 90, imaginez ma joie alors que j'étas partie un peu en retard).

J'arrive dans le service et me change, jauge d'un coup d'oeil le nombre de lits occupés. Ca ne prévoit pas la charge de travail, le service peut être plein et calme ou à moitié rempli et surchargé de travail.

Je prends le relais.

Et cette nuit, quand les autres sont endormis, je prend soin de vos petites têtes blondes.